MESSAGE N°3: LE SAMEDI 11 JUILLET

DECLARATION A L’OCCASION DE LA RENCONTRE AVEC LES CONGOLAIS A PARIS 

Mesdames 

Messieurs 

Chers Compatriotes 

Camarades et Amis 

Les premières semaines d’un été souriant ici, ne veulent rien dire dans notre pays le Congo ; si ce n’est l’image simple du temps qui passe, qui devra nécessairement laisser la place au temps du retour à la liberté dans la dignité. 

Que peuvent penser aujourd’hui nos compatriotes restés au pays, victimes d’une dictature odieuse, sinistre ; et ceux éparpillés sur tous les continents, exilés malgré eux, rongés par l’angoisse de la précarité, qui ont fui les violences du coup d’état et de la guerre que la dictature a imposée aux populations. 

Ils sont tous avec nous des victimes oubliées de la communauté internationale et de ses organisations qui, pourtant s’investissent souvent de façon conséquente dans la résolution des crises qui se produisent dans la plupart des régions du monde, notamment en Afrique sud Saharienne. 

Où sont donc passés  les grands principes de la morale et de la solidarité internationale. Pourquoi cette obstination à vouloir ignorer la crise longue et douloureuse qui mine le Congo-Brazzaville, et qui tire honteusement et dangereusement l’Afrique vers le bas. 

Au nom de quoi l’indignation serait-elle sélective, au point de faire oublier notre martyre et lui préférer les situations de crises souvent moins préoccupantes ! Contre l’horreur, il ne peut y avoir deux poids et deux mesures. 

Comment l’Union Européenne, championne de la défense des droits de l’homme peut-elle encore composer avec le dictateur de Brazzaville, le fossoyeur de nos légitimes espérances qui cloue au sol l’avenir de tout un peuple ; en déclarant par la voix d’un de ses représentants que la farce électorale grossière que le pouvoir veut faire avaliser le 12 juillet 2009 n’est pas une priorité. 

Notre pays apparaît aujourd’hui comme une anomalie de l’histoire de notre temps, victime du sacre international de l’iniquité. 

Le pouvoir de Brazzaville croit encore tirer avantage de cette situation rendue ambiguë ; il met tout en œuvre pour se construire un nouvel espace qu’il a baptisé « les chemins de l’avenir » après la faillite largement avérée de «la nouvelle espérance». 

Tous les opportunistes de divers horizons se bousculent au portillon de la résidence du dictateur de MPILA, tentant avec frénésie, de se faire adopter pour le parcours de la nouvelle avanie. 

Les élections, rien que les élections, crient-il avec la dernière énergie, pour mieux se faire remarquer, chacun pour son compte, par le tout puissant commandeur des légions de la barbarie.  Et pourtant tout absolument tout nous interpelle notamment les nombreuses déviances sécuritaires et gestionnelles qui ont généré et amplifiés le lourd gâchis actuel ; et depuis quelques semaines, la longue transhumance dans l’angoisse des populations qui fuient Brazzaville pour les villes secondaires et les villages  de l’intérieur, toutes les régions confondues. 

Chers Compatriotes, Camarades et Amis, 

Le Congo-Brazzaville est sous anesthésie générale, parler aujourd’hui des élections qui sont en temps normal, l’expression naturelle de la souveraineté du peuple est absolument surréaliste. 

Comment peuvent elles avoir lieu et se conformer aux règles normatives de transparences et de justesse ; alors que les questions essentielles permissives de leur déroulement convenable ne connaissent même pas un début de règlement notamment : 

1 – Le retour sans condition de tous les exilés politiques ; 

2 – La réconciliation nationale absolument inclusive, telle que prévue à l’article 13 de l’accord de cessez le feu et de cessation des hostilités du 29 décembre 1999 ; devant permettre de redéfinir de façon consensuelle les nouvelles règles de la vie politique démocratique nationale 

3 – La réinstallation et la sédentarisation dans leur lieu d’origine des populations encore entassées dans des sites insalubres dans leur propre pays surtout au Pool et dans les régions du Sud-ouest du pays. 

4 – Le désarmement de toutes les milices, le ramassage des armes sous l’égide d’une force internationale de l’ONU, pour garantir la sécurisation des populations et la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national. 

5 – La définition et la durée des missions de la transition démocratique consensuelle pour principalement élaborer et adopter une loi électorale acceptée par tous et la mise en place d’une commission électorale indépendante, avec l’aide de l’ONU de l’UA et de
la Cour internationale de justice. 

Chers Compatriotes, Camarades et Amis 

Nous devons tous nous mettre bien en mémoire, que le devoir minimal de la classe politique n’est pas et ne peut pas être de détruire le bien dont le peuple souverain lui confie la gestion pour un temps défini, mais de le bonifier, en privilégiant la paix, car elle n’a pas de prix,  l’unité du pays, pour la démocratie et le développement. 

Parce que la politique se définit fondamentalement comme un lieu de dialogue absolument inclusif, la marche au pas de charge à contre courant du pouvoir putschiste et son obstination aveugle à refuser toute possibilité de dialogue absolument inclusif, aujourd’hui indispensable pour l’avenir de tous est absolument contre productive pour le pays et pour l’histoire. 

Ne croyons pas, surtout pas un seul instant, chers compatriotes, chers amis, que vivre l’anomalie circonstancielle actuelle en étant abandonnés de tous est une fatalité pour notre pays et ses populations. 

C’est au contraire une formidable opportunité qui nous oblige à puiser tout au fond de nos forces pour exister, nous affranchir de bien de pesanteurs historiques et psychologiques ; confirmant ainsi le dicton bien connu : aide toi et le ciel t’aidera. 

Ce qui compte aujourd’hui, au bénéfice de l’immense majorité de nos concitoyens, c’est sortir nécessairement du système politique anachronique actuel qui régimente le pays depuis douze ans. 

Ceci rend absolument inévitable et impérative la transition démocratique consensuelle, pour réconcilier profondément le pays ; ramener la paix véritable et durable, réhabiliter la solidarité nationale. 

L’année 2009 devrait, si vous voulez bien, je le souhaite de tout mon cœur, voir se mobiliser enfin de façon significative tous les patriotes et démocrates congolais contre l’horreur qui s’est trop longtemps installé à Brazzaville. 

Comment en cette période ne pas nous remémorer le sacrifice de tant de nos compatriotes tombés pour nous permettre de poursuivre le combat pour la liberté et la démocratie. 

Efforçons nous de bien garder dans notre for intérieur leur exemple qui devrait nous servir de boussole dans toutes nos initiatives pour la reconquête de nos libertés et de nos droits légitimes. 

Le changement majeur que nous voulons pour le pays et que les populations exigent de nous tous, de façon pressante, contre y compris la trahison de bon nombre de leaders nationaux est un processus global, adapté et consensuel qui doit modifier profondément le système de référence de notre pays, pour le conformer au model de notre temps fondé sur la modernité, l’ouverture au monde par un partenariat dynamique gagnant-gagnant, qui tienne compte de notre souveraineté et de la volonté des congolais acteurs de leur propre devenir, dans la promotion de la démocratie et du développement. 

Dotons-nous de courage, chers compatriotes, chers amis ; débarrassons nous du joug de la peur déraisonnable, des doutes aussi parfois, préparons nous au partage de l’incroyable joie que sera notre renaissance. 

Que passe l’orage qui nous condamne à l’exil et nous saurons, je le sens, je le sais, je le veux, tous ensemble, reprendre la route du progrès. 

Congolaise, congolais, mes chers compatriotes, ayons confiance en nous, en notre pays en notre devenir.  Je vous remercie.                

                   

Laisser un commentaire

Club Loisirs et Culture |
Meute Saint Vincent |
hanau |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Passer le PSC1 dans le Var
| La Zero de Fleurie
| GOUVIEUX